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Semoir viticole à disques

Semoir viticole à disques

Voici les plans d’un semoir viticole à disques, inspiré d’un modèle conçu en 2016 dans le Jura. Afin d’éviter les bourrages en sol couvert, les socs du modèle précédent ont été remplacés par des disques ouvreurs : constituant les éléments techniques centraux de l’outil, ces disques sont soumis à un montage et un support particuliers.


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Contexte et historique

Sur le semoir viticole à engrais verts « initial » (comprendre : le premier semoir mis au point en 2016 avec des producteurs Jurassiens), le semis est assuré par une dent munie d’un soc Bourgault. Cela permet de travailler aisément en sols nus, mais peut occasionner des bourrages lorsque l’on travaille sur sol couvert.
Ainsi, un travail a été mené dès début 2019, notamment avec Olivier Cohen, viticulteur dans l’Hérault, pour mettre au point un semoir où les socs Bourgault sont remplacés par des disques ouvreurs.

Ci-dessous : le semoir viticole à disques, avec l’option de châssis présente chez Olivier Cohen (plusieurs options de châssis sont possibles), ainsi qu’un rouleau-pneus à l’arrière pour le rappui.


Présentation générale du semoir à disques

L’élément technique central est le disque : nous ne décrirons donc pas le semoir en entier, mais bien le disque, son montage et son support.


Principe de fonctionnement

Ce semoir est conçu pour pouvoir travailler en sols couverts : le disque ouvreur découpe et soulève une « larde » de terre, la graine est positionnée au fond du sillon (grâce au guide en tube rond bien positionné), et la larde est reposée, puis rappuyée.

Dans le cas présent, le rappui est assuré par un rouleau pneu.


Caractéristiques techniques

Le châssis

Les éléments semeurs sont montables sur tout type de chassis. Quelques exemples :

  • Chez Olivier COHEN :
    • Chassis à 3 poutres, permettant d’accueillir deux rangées d’éléments semeurs + le rouleau pneu arrière.
    • L’attelage se fait via le triangle « classique ».

À noter : les brides des dents double spire sont ici montées « à l’envers », pour limiter la hauteur sous bâti.
Le contrôle de profondeur est géré grâce au rouleau pneu.


-* Chez Ghislain MORITZ (viticulteur dans le 67) :

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Le support utilisé ici est un actisol.

À noter :

  • La compacité de l’outil
  • La profondeur de travail du sol gérée par des roues de jauge en tôle.
  • Au GFA Fabre (viticulteurs dans le 11) :
    Ici, montage sur la base d’un cadre de la marque Gard.
    Contrôle de profondeur par des roue de jauge à manivelle montées directement sur la deuxième poutre.


Le pallier

C’est un élément clé dans cet outil. En effet, du fait des possibilités de réglage de l’angle d’attaque du disque mais aussi du fait de la souplesse de la dent double spire, il a fallu concevoir un pallier capable de résister au travail en compression (la terre « appui » sur le disque) mais aussi en arrachement.

Détail en plan :

Le blocage est assuré par un écrou frein + une rondelle frein : ce système est beaucoup plus robuste qu’un montage avec circlip.
L’ensemble du pallier est protégé par un cabochon en acier.


Le montage et le réglage des disques semeurs

Les disques sont montés sur des dents double spires en carré de 30 mm afin d’avoir plus de souplesse qu’avec les étançons en étiré de 60 x 15 comme sur le semoir viticole à dents.

Pour pouvoir régler finement l’angle d’attaque du disque, on utilise deux couronnes crantées assemblées à 90° :


Le tube de descente de graines

En termes de positionnement, il faut observer la vue du dessus pour comprendre où se situe le tube par rapport au travail du sol :


Le rouleau-pneus

Dans la configuration d’Olivier Cohen, il a pour objectif de rappuyer le sol (pour maximiser la germination) mais aussi de gérer la profondeur de semis.

> Plus d’infos sur la page consacrée à cet outil !


Précautions d’usage

Positionnement des disques

Dès les premiers essais chez Olivier Cohen, on s’est rendu compte qu’il était impossible de contrôler le semoir avec les disques tous dans le même sens => il est indispensable d’alterner les positions de disques d’une poutre à l’autre).

Ci-dessous : Erreur de positionnement sur le premier prototype => tous les disques sont dans le même sens.

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Densité de semis possible

A l’heure actuelle, l’encombrement des éléments permet de semer à 25 cm d’interrang, sur deux poutres. Pour densifier, il faut alors ajouter une poutre supplémentaire, avec une 3ème rangée de disques.


Attention en terrain dur :

Les disques étant portés par une même poutre, il est possible, dans les cas de terrain dur ou lourd, que cette rangée de disques génère une certaine « portance », c’est-à-dire qu’il y ait quelques difficultés de pénétration dans le sol. Cas rare.


Essayer de garder la compacité de l’outil

Il est important d’essayer de réaliser un outil le plus compact possible : en effet, trop d’écartement entre les rangées de disques ou entre les disques et le rouleau de rappui allonge l’outil, ce qui le rend sensible aux écarts de conduite.


Pistes d’amélioration

Des difficultés d’utilisation en cas de profil de sol « bombé »

Le sol entre rang est rarement bien plat. Il est souvent légèrement moins haut du côté du cavaillon, ce qui lui confère un aspect « bombé ».
Et cela peut poser problème pour gérer la profondeur de semis : celle-ci est la même pour tous les disques, étant donné qu’elle est gérée soit par un rouleau pneu, soit par des roues de jauges latérales.


Des difficultés d’utilisation en cas de profil de sol « bombé »

Le sol entre rang est rarement bien plat. Il est souvent légèrement moins haut du côté du cavaillon, ce qui lui confère un aspect « bombé ».
Et cela peut poser problème pour gérer la profondeur de semis : celle-ci est la même pour tous les disques, étant donné qu’elle est gérée soit par un rouleau pneu, soit par des roues de jauges latérales.

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Les disques semeurs, montés sur des bras poussés, sont « autopénétrants » : ils nécessitent moins de puissance de traction.

Par ailleurs, ils présentent l’avantage de pouvoir se régler indépendamment en hauteur. De plus, un ressort qui travaille en compression assure un bon contact avec le sol => le suivi d’un sol irrégulier n’est plus un problème.


Située directement à l’arrière du disque semeur, une roue assure le rappui => plus besoin de rouleau pneu.
Le contact de la roue avec le sol est assurée également par un ressort qui travaille en compression.

Le montage du pallier est ici un peu différent : basé sur deux roulements à billes coniques + joint spi. Le principe écrou + rondelle frein est gardé (car robuste pour résister aux travaux en arrachement).

Les disques semeurs à bras poussés feront prochainement l’objet d’une page outil à part entière, dès que nous aurons des retours d’usages des premiers prototypes réalisés en fin 2020.


Interlocuteurs principaux

Jean-Pierre COMTE : Technicien formateur autoconstruction, ingénierie des outils
jp.comte@latelierpaysan.org
06.49.13.94.60

DOCUMENTS A TELECHARGER

SOUTIENS

Ces travaux bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les UsageR·E·s, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2018-2021)

LICENCE LIBRE

L’ensemble de cet article, des explications, des photos et des plans livrés sont accessibles à tous. Ils sont diffusables et modifiables à condition que vous mentionniez la paternité de l’œuvre (L’Atelier Paysan), et que vous apposiez sur tout document reprenant ces éléments la même licence utilisée par nos soins, à savoir la Creative Commons BY NC SA.