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Inpact poursuit son travail sur la transmission

Le 25 février, environ 90 personnes ont participé à un séminaire d’échange autour des travaux du collectif Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale (Inpact) sur la transmission. Un travail sur la construction d’un plaidoyer sur cette question a été entamé.

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Fin 2019, le collectif Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale (InPACT) publiait un rapport et deux livrets thématiques pour faire progresser les connaissances et améliorer les interventions publiques en soutien à la transmission agricole. Pour poursuivre ce travail mené pendant deux ans, un séminaire a été organisé par InPACT le 25 février et a rassemblé environ 90 personnes à Paris, venues notamment des réseaux Adear, Civam, Afocg, Terre de liens…

Plaidoyer local et national sur la transmission
L’objectif de ce séminaire - un compte-rendu et des vidéos seront disponibles en avril - était de partager les résultats de ces travaux au sujet des politiques publiques sur la transmission, d’approfondir les analyses locales et la coopération entre acteurs sur les territoires et de co-construire les bases d’un plaidoyer local et national sur la transmission. Après une synthèse du travail menée par Coline Fillon, en thèse à la Fadear et co-auteure du Rapport de préconisations d’InPACT sur la politique publique de la transmission, deux exemples d’actions de terrain en faveur de la transmission ont été présentés.

Formation sur la transmission-restructuration
L’Adear de l’Indre mène depuis 2013 un travail sur la restructuration des fermes comme levier de transmission, constatant l’inadéquation entre l’offre de fermes à reprendre – essentiellement en bovin allaitant et filière longue avec moyenne 70 vaches pour 120 hectares - et la demande - essentiellement des personnes en reconversion sur du maraîchage. « On a commencé avec la mise en place de lettres d’informations avec des annonces, fait des ciné-débats, réunions et formations pour les cédants, des sessions d’écriture collective d’annonces, une fête de la transmission… », explique Céline Sanz, de l’Adear de l’Indre.

En 2019, une formation sur la transmission-restructuration a été organisée sur trois jours avec des cédants et jeunes installés avec différents jeux de rôle et temps d’échange ou d’information sur les aspects juridiques et économiques. « Les stagiaires de la formation ont dit que cela ouvrait les champs des possibles, ils ont remis en question leur système et la transmission de manière générale. Mais les plus concernés n’étaient pas forcément présents », note Céline Sanz.

Impliquer les acteurs para-agricoles pour éviter l’agrandissement
Le Civam 35 a de son côté engagé une démarche de sensibilisation des élus et acteurs para-agricoles sur ce sujet. Sur ce territoire d’élevage laitier, si les fermes se transmettent plus facilement qu’en moyenne montagne, les « petites » fermes sont souvent vus par les acteurs para-agricoles et les agriculteurs eux-mêmes comme intransmissibles et partent alors à l’agrandissement.

« Le public paragricole pourrait être un relais sur la question de la transmission et toucher les paysans que l’on ne voit jamais. Ils ne se rendent pas compte de l’influence de leurs discours ou des conséquences de l’agrandissement sur les territoires ! Il y a un travail de sensibilisation à faire sur ce sujet et on espère d’abord casser leurs représentations », explique Juliette Blanchot, animatrice pour le Civam 35.

En 2019, après un long travail de mobilisation et de relances, notamment par les administrateurs, deux rencontres ont été organisées sur des fermes, avec des élus locaux, des banques, vétérinaires, centres de gestion... « Ils se sentent peu concernés et apportent avant tout un regard technique. On a continué des rendez-vous avec le responsable de centre de gestion, du Crédit mutuel, les conseillers, la FDCuma... On va peut-être créer une formation pour ces publics-là », ajoute Juliette Blanchot.

Le fonctionnement des Comités régionaux installation transmission
Par la suite, plusieurs ateliers d’échanges de pratiques et de travail sur les différentes propositions issues du rapport de préconisations d’InPACT sur la politique publique de la transmission, ont été organisés : fonctionnement et implication en Comité régional installation transmission ; prise en compte et perception du concept de restructuration-transmission sur le terrain ; collaboration avec d’autres acteurs (collectivités, propriétaires, coopératives…) ; et formation et accompagnement sur les relations humaines.

Des séminaires locaux
En conclusion, Jean-Claude Ebrel, membre des Civam, a rappelé l’importance de ce sujet pour l’avenir des territoires et de l’agriculture et derrière les aspects techniques de la politique publique sur la transmission, la dimension éminemment politique de ce sujet. Le collectif InPACT envisage désormais d’organiser ce type de séminaire dans les territoires avec des paysans et des structures locales et de commencer la rédaction d’un premier texte de positionnement sur la transmission.