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Installation : paroles de femmes

La Fadear a publié cet été une enquête intitulée « Femmes paysannes : s’installer en agriculture. Freins et leviers » qui repose sur 151 témoignages.

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Les femmes représentent un demi-million d’actives agricoles et un tiers des installations. Pourtant, comme le note la Commission femmes de la Confédération paysanne, «  trouver sa place en tant que femme dans l’agriculture n’est pas de tout repos ». Sous-statuts, « double-journée » avec les tâches familiales et domestiques, faible représentation dans les instances du monde agricole, mots et comportements dénigrant leur travail ou leur personne, difficulté à s’installer....
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Mettre fin aux remarques sexistes et violences
Ce constat et la volonté de mettre une fin aux « remarques sexistes et aux violences faites aux femmes en milieu rural et agricole » ont poussé la Commission femmes à « renseigner au plus tôt du parcours les problématiques spécifiques qui peuvent être rencontrées par les femmes  ». Après plusieurs mois de travail, une enquête réalisée dans le cadre de la MCDR Terreau grâce aux témoignages de 151 paysannes et intitulée « Femmes paysannes : s’installer en agriculture. Freins et leviers » a été publiée cet été.
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Les données récoltées donnent une idée plus précise des problématiques rencontrées par les femmes lors de leur installation que cela soit dans leur parcours, les soutiens qu’elles ont – ou non – pu avoir, leur lien avec les structures d’accompagnement ou la profession agricole, le financement de leur projet…
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Quelle place sur la ferme ?
Parmi les données qui ressortent, seulement un tiers des femmes interrogées estime ne pas avoir rencontré de frein lié à leur genre dans leur parcours à l’installation et elles sont nombreuses à citer des difficultés : trouver sa place face à celle du conjoint aussi installé sur la ferme, faire face au sexisme général dans le monde agricole, un besoin de davantage « faire ses preuves » que les hommes...
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« Hormis mon cédant, propriétaire de la majorité des terres et qui me soutient inconditionnellement, les autres propriétaires ont été plus difficiles à convaincre. L’un m’a clairement dit que le fait que je sois une femme lui posait problème, il a demandé une caution de mon conjoint. Il me demande régulièrement si je suis bien sûre d’y arriver, avec les enfants, etc. et si mon conjoint va bien venir m’aider, ce qui le rassure beaucoup... D’autre sont plus mesurés, mais posent malgré tout des questions sur mon « mari » et mes enfants et ma capacité à tout gérer. » Certaines précisent qu’il est difficile de percevoir ce qui a le plus compté dans les freins qu’elles ont rencontrés : le fait d’être une femme ou celui d’être hors cadre familial et sur une production dite « marginale ».
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Un portrait édifiant du sexisme dans le monde agricole
Au-delà des conclusions, les paroles récoltées et retranscrites, qui constituent l’essentiel de cette enquête résumé en 44 pages, dressent un portrait édifiant du sexisme dans le monde agricole. Il y a évidemment des mots plus choquants, retranscrits dans le document en introduction « Tu ne peux pas rentrer dans le chai quand tu as tes règles, tu ferais tourner le vin » ; « Il est où le patron ? » ; « Pourquoi tu veux t’installer ? T’es célibataire ! » « Tu as été élue pour la parité »...
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Mais l’ensemble des témoignages montre un tableau plus nuancé avec, d’une part, des préjugés de genre qui restent très répandus et, d’une part, un soutien et une reconnaissance du travail des paysannes par certains habitant·e·s, acteur·rice·s agricoles ou proches.
L’étude est disponible sur le site de la Fadear : www.agriculturepaysanne.org/files/Enquete-femmes-paysannes-installation.pdf.