« Deux poids, deux mesures » : répression syndicale à la tête du client et fuite en avant
jeudi 15 janvier 2026
Mercredi 14 janvier, l’incroyable dérive vers une répression syndicale accrue, selon la couleur politique du syndicat, a franchi un cap : 52 paysan-nes dont les 3 porte-parole nationaux de la Confédération paysanne ont été placé-es en garde à vue et encourent des poursuites judiciaires à cause d’une plainte du ministère de l’Agriculture, pour l’occupation pacifique d’un de ses bâtiments. 52 ! Un chiffre inédit dans l’histoire de ce syndicat. Annie Genevard et Sébastien Lecornu prouvent encore une fois, si besoin était, que le gouvernement n’entend pas tolérer de mobilisation syndicale agricole hormis celles pilotées par ses proches alliés de la FNSEA.
Ce nouvel acte de répression fait suite à une première garde-à-vue pour deux porte-parole de la Confédération paysanne vendredi dernier, suite à une action de dénonciation de l’accord UE-Mercosur et de la politique brutale d’abattage total des troupeaux touchés par un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Entre temps, la FNSEA a pu faire entrer tranquillement 350 tracteurs dans Paris, mardi, jusqu’aux abords de l’Assemblée nationale dont la présidente est venue saluer les agriculteurs mobilisés par le puissant syndicat. Parallèlement, et plus discrètement, les mouvements menés à l’échelle locale sont tous délogés les uns après les autres par des CRS.
Cette réponse policière vient souligner l’hypocrisie de la « lettre aux agriculteurs » de Sébastien Lecornu début janvier, dans laquelle il annonçait vouloir mettre fin à un mystérieux « deux poids, deux mesures ». Le gouvernement montre finalement qu’il gouverne avec une élite agricole déconnectée des problèmes des paysans et paysannes – au premier rang desquels figure le revenu, dans un contexte de mise en compétition croissante et de concentration des fermes, condamnées à se bouffer les unes les autres. Et les nouvelles annonces faites mardi par le Premier Ministre ne changent nullement de direction : elles ne sont qu’une pression supplémentaire sur l’accélérateur, droit dans le mur pour l’agriculture française.
Au-delà du soutien légitime apporté aux paysannes et paysans interpellés hier dans l’enceinte d’un bâtiment du ministère, l’Atelier Paysan espère que cette nouvelle illustration du « deux poids, deux mesures » montrera aux agriculteurs mobilisés depuis des semaines que les annonces du gouvernement sont une fuite en avant, dans la lignée de décennies de politiques socialement dévastatrices et écologiquement criminelles.
Ci-dessous une vidéo de l’action du 14 janvier et de l’intervention policière :