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Communiqué : le Tribunal Administratif de Grenoble suspend le permis de construire du Datacenter de Rovaltain dédié à l’IA

vendredi 10 juillet 2026
Communiqué : le Tribunal Administratif de Grenoble suspend le permis de construire du Datacenter de Rovaltain dédié à l’IA

Le collectif Assez DC obtient une première victoire inédite. Suite à l’audience du jeudi 2 juillet, la justice administrative a rendu son ordonnance ce vendredi 10 juillet sur un référé suspension déposé le 1er juin par le collectif drômois « Assez DataCenters » contre le projet de supercalculateur de Rovaltain (Valence TGV). Le juge suspend le permis de construire jusqu’à ce que le recours soit jugé sur le fond. Une victoire d’étape pour la première audience en France liée à la contestation publique d’un datacenter dédié à l’intelligence artificielle !

Alors que la France subit son 3ème épisode caniculaire en quelques semaines, que les incendies ravagent des terres asséchées dans la Drôme et dans le sud de la France, et que la ressource en eau vient à manquer, nombre de scientifiques, associations et collectifs citoyens soulignent les dangers liés à l’explosion du nombre et de la taille des datacenters liés à l’intelligence artificielle, notamment en termes de consommation d’énergie et de création de dômes de chaleur.

C’est dans ce contexte que le juge a donné raison au collectif Assez DC (Assez DataCenter Rovaltain) qui regroupe les Soulèvements de la Terre Romans, les Amis de la Terre Drôme, ATTAC Romans, Stop Linky 5G Drôme-Ardèche, Arrêt du Nucléaire Drôme-Ardèche, l’Atelier Paysan et des riverain·es, représenté par leur avocat Me Louis Cofflard,

Pour Me Louis Cofflard, « c’est une grande victoire pour les associations, avec qui nous avons dénoncé avec rigueur un dossier manifestement illégal puisqu’il tentait un "passage en force" au mépris des droits environnementaux les plus élémentaires, notamment l’étude d’impact et l’enquête publique ; les incidences environnementales de ce type de projet sont très lourdes de conséquence et nécessitent par conséquent un vrai débat démocratique.  »

Le collectif a notamment démontré que le projet autorisé par le permis de construire représente un risque important pour la santé et l’environnement (îlot de chaleur, pollution de l’air, installation électro-intensive). De fait, l’installation doit faire l’objet d’une étude d’impact environnementale, d’une enquête publique et obtenir une autorisation environnementale pour pouvoir s’implanter. La procédure n’a pas été respectée et aucune mesure ne permet de garantir la sécurité et la bonne maîtrise des risques… Sans compter que le Plan Local d’Urbanisme interdit strictement les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) soumises à autorisation dans cette zone !

La tentative de la défense de faire passer ce projet industriel pour un simple entrepôt sans risque n’a pas convaincu le juge qui estime qu’un doute sérieux existe pour suspendre les travaux le temps que l’affaire soit jugée au fond.

Pour Gaby, des Soulèvements de la Terre : « C’est une victoire d’étape importante. Elle permet d’ouvrir le débat sur la vitesse, la manière et la pertinence de l’implantation de ces infrastructures qui comme toute méga-industrie, soulèvent un grand nombre d’impacts et enjeux.  »

Comme le souligne Jean-Claude Lemaire, des Amis de la Terre Drôme : « Il y a un choix de société derrière le développement de l’IA et la multiplication des projets mis en œuvre à marche forcée confisque tout débat citoyen. Faut-il laisser empoisonner le monde en prétendant que l’IA apportera plus tard l’antidote ? Non. Protégeons tout de suite notre santé, notre environnement et notre avenir ! »

« Il y a aujourd’hui des dizaines de projets de datacenters dédiés à l’IA et la contestation monte de toutes parts, rappelle Thomas de l’Atelier Paysan. On manque souvent d’outils juridiques pour les ralentir ou les empêcher donc cette victoire d’étape est un signal encourageant pour tous les collectifs en lutte contre l’IA dans notre pays. »

Le collectif espère que cette première victoire en référé sera suivie dans quelques mois lors du jugement sur le fond du recours déposé en février dernier.